Anja Kampe et Robert Dean Smith chantent Wagner à Pleyel

Autour de Tristan – Paris, Salle Pleyel, 15/02/2014

La Salle Pleyel proposait ce soir un concert « Autour de Tristan » articulé en deux parties : la première était consacrée au 1er acte de la Walkyrie (avec des coupures), tandis que la seconde était constituée d’extraits des 2ème et 3ème actes de Tristan, pour s’achever fort logiquement sur la Mort d’Isolde.

Anja Kampe
Anja Kampe

La soprano allemande Anja Kampe, dont on avait déjà dit grand bien lors d’une représentation de la Walkyrie au TCE, est toujours une Sieglinde d’exception. Dans Isolde, elle impressionne tout autant, par une alliance entre pureté et fragilité d’une part, projection et éclat dans les aigus de l’autre. A ce titre, il n’y a vraiment actuellement que Nina Stemme comme équivalent. Le dramatisme, la puissance alliés à une ligne vocale digne des meilleures Maréchale ou Comtesse des Noces de Figaro. Stupéfiant ! Quant à l’américain Robert Dean Smith (qui remplaçait Gary Lehman, annoncé souffrant), il possède toutes les qualités requises pour un ténor wagnérien : très beau timbre, souffle généreux, voix puissante. Le ténor, qui chantera dans quelques semaines le rôle de Tristan à l’Opéra Bastille, a une voix qui se marie en outre parfaitement avec celle de Kampe, l’occasion ce soir de duos de rêves. Quel dommage justement de ne pas retrouver ce duo sur scène à l’ONP, où le public parisien devra affronter les décibels de Violetta Urmana en Isolde.

La soirée a malheureusement été légèrement gâchée par la piètre direction de Jean-Claude Casadesus. Son Orchestre National de Lille n’a rien des couleurs ni des sonorités d’un orchestre wagnérien. Son interprétation, d’une platitude monotone, manque de nuances, de saveur, mais aussi de tranchant. Où sont les élans dans le prélude de l’acte II de Tristan ? Où est l’énergie terrifiante qui doit se dégager du prélude de l’acte I de la Walkyrie ? Il est vrai que l’on avait encore en tête le récent enregistrement de celle-ci par Gergiev, et la comparaison ne peut qu’être cruelle…

Anja Kampe et Robert Dean Smith chantent Wagner à Pleyel
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