Entretien avec … David Hansen

Ne cherchez plus … ce jeune Australien est LE contre-ténor qui monte. Intrigués par des prestations qui montrent un tempérament vocal rare et une technique déjà plus qu’aguerrie, nous avons voulu en savoir plus sur David Hansen. La France l’accueille bientôt (6 juillet 2013 au festival de Froville) et le monde entier pourra dans quelques semaines découvrir son premier récital « Rivals ». 

Qu’est-ce qui vous a poussé à chanter et comment se sont passés vos débuts ?

J’ai toujours chanté ; ma mère prétend même que je chantais avant de savoir parler ! De même, j’ai toujours joué du piano, puis étudié le violon et l’alto pendant 14 ans. Toutefois, je ne me suis jamais senti autant d’affinités avec ces instruments qu’avec ma propre voix. Chanter en tant que contre-ténor m’est venu naturellement, si naturellement d’ailleurs que je chantais en voix de contre-ténor avant même de savoir ce qu’était un contre-ténor ! J’ai ensuite débuté ma carrière proprement dite à Aix-en-Provence en 2004 dans Didon et Énée. Ce fut une merveilleuse expérience, j’y ai rencontré des amis avec qui je travaille toujours neuf ans plus tard.

Vous chantez à la fois des rôles de « contralto » (comme ceux écrits pour le castrat Senesino) et d’autres plus aigus (Cherubino, Nerone dans Agrippina) … comment définiriez-vous votre voix ?

Bien que je chante certains rôles ou airs pour contralto, j’ai décidé il y a quelques années de me spécialiser dans un répertoire plus aigu (rôles pour castrat de mezzo ou soprano). Je définirais ma voix comme celle d’un « contre-ténor aigu ». Je suis toujours ravi d’aborder des tessitures plus graves (MessiePassion selon Saint Jean), mais je préfère interpréter des rôles plus aigus, car cela me permet d’avoir plus de liberté et de flexibilité, tout particulièrement pour les représentations scéniques.

Vous avez collaboré avec plusieurs artistes français (E.Haïm, N.Stuztmann) ; comment se sont passées ces rencontres ? En envisagez-vous d’autres ?

J’ai travaillé avec Emmanuelle à plusieurs reprises, en France et en Ecosse. Ce fut l’une des premières personnes à m’offrir un « job » alors que j’avais seulement 22 ans et je lui en serai toujours reconnaissant. Nathalie est une amie très chère; travailler avec elle à Metz fut comme un rêve devenu réalité. Je l’ai toujours admirée en tant que chanteuse et musicienne. Nous avons un projet passionnant pour 2015, une tournée comprenant à la fois des airs et duos en compagnie de son ensemble Orfeo 55.


Nous connaissons par chez nous peu d’artistes ou musiciens australiens … est-il plus difficile de réussir dans ce milieu quand on vient de si loin ?

Arriver de l’autre bout du monde fut un grand défi : l’installation en Europe, les auditions, les leçons de chant, etc. Ce fut un choc au départ mais je suis content de l’avoir fait et d’avoir réussi. Le succès est toujours une combinaison de travail acharné et de chance, et ces deux éléments m’ont heureusement accompagné jusqu’à présent.

Vous sortez en août 2013 un album intitulé « Rivals ». Pouvez-vous nous en dire davantage ?

En effet, je reviens tout juste d’Italie où j’ai enregistré cet album avec Alessandro De Marchi et l’Academia Montis Regalis pour Sony Classical (il sortira sur leur label DHM). Le CD comprendra neuf airs inédits au disque de Bononcini, Broschi, Leo et Vinci. Ce premier enregistrement met l’accent sur les rivalités mais aussi la fraternité qui existaient entre les grands castrats : Farinelli, Carestini, Caffarelli, Bernacchi ou d’autres encore.

Quels rôles aimeriez-vous chanter à l’avenir et avec quels artistes souhaiteriez-vous travailler ?

Les trois rôles que j’aimerais le plus chanter sont Ariodante (rôle titre de l’opéra de Haendel), Ruggiero (Alcina de Haendel) et Sesto (Giulio Cesare de Haendel). Ceci dit, j’ai pour le moment eu la chance de pouvoir chanter des rôles qui comptent parmi mes favoris : Ottone (Griselda de Vivaldi), Nerone (L’incoronazione di Poppea de Monteverdi) ou encore Cherubino des Noces de Figaro.

L’année prochaine je vais aborder Sesto dans la Clémence de Titus de Mozart, Arsamene dans Serse de Haendel sous la direction de Jean-Christophe Spinosi, et Paride dans Paride ed Elena de Gluck. Je suis vraiment heureux de travailler avec Jean-Christophe Spinosi. Il y a énormément d’artistes avec qui j’aimerais collaborer, mais cinq noms me viennent immédiatement à l’esprit : Bruce Ford, Cecilia Bartoli, Nikolaus Harnoncourt, Ivor Bolton et Christian Curnyn.

En dehors de la musique, quelles sont vos passions ?

J’essaie de passer le plus de temps possible avec ma famille en Norvège ou en Australie. J’adore la cuisine, le vin, le design, l’architecture, mais j’apprécie également de surfer, skier ou jouer au cricket.

Notre site s’appelle « Il tenero momento » … du nom d’un aria de l’opéra Lucio Silla de Mozart. Connaissez-vous cet air et aimeriez-vous l’interpréter ?

Oui bien sûr! Je suis fasciné par les rôles aigus de Mozart, et je serais ravi de pouvoir chanter un jour celui de Cecilio dans Lucio Silla.

Photos : site officiel de David Hansen

Entretien avec … David Hansen
Mot clé :