Hausse des prix et programmation peu alléchante en 2014-2015 à l’Opéra national de Paris

Il y a de quoi vraiment s’énerver en lisant le détail de la saison 2014/2015 de l’Opéra national de Paris. En cause : la qualité médiocre des distributions proposées par rapport aux autres grandes maisons d’opéra, l’absence totale de variété du répertoire et, enfin, des prix qui deviennent vraiment indécents pour une institution aussi subventionnée. Bien entendu, les surprises peuvent toujours être au rendez-vous et il est sévère de juger une programmation sur le papier. Toutefois, la situation devient vraiment préoccupante à tous les niveaux et il est permis de se demander si l’ONP remplit toujours une fonction de service public.

Le baroque … connaît pas !

Il est consternant tout d’abord de voir que l’opéra le plus « ancien » programmé en 2014-2015 est Alceste de Gluck … composé en 1776 (version française). Où sont Vivaldi, Haendel, Purcell, Monteverdi, pour ne parler que des compositeurs baroques les plus renommés  ? Comment l’Opéra national peut-il ignorer toute une partie du répertoire lyrique et ne pas rendre hommage à Rameau en 2014 ? A part les Musiciens du Louvre-Grenoble pour la reprise d’Alceste, aucun ensemble sur instruments anciens n’est par ailleurs invité cette saison. C’est bien dommage car, au vu des catastrophes entendues dans Mozart au cours des dernières années, l’ONP serait bien inspiré d’inviter René Jacobs, Marc Minkowski, Diego Fasolis ou George Petrou (les noms ne manquent pas) avec leurs orchestres respectifs.

Netrebko, Yoncheva, Harteros, Kaufmann, Florez, DiDonato, Bartoli, Stemme … connaît pas !

Outre les noms ci-dessus, la liste des « stars » du lyriques absentes cette saison à l’ONP donne le tournis. Vous pouvez en effet y ajouter Damrau, Pape, Borodina, Garanca, Mattei, Fleming, Westbroek, Ciofi, Kampe, etc. Comment se fait-il que toutes les autres grandes salles mondiales (New York, Londres, Vienne, Berlin) arrivent chaque saison à inviter au moins 5 artistes lyriques parmi cette liste, et l’ONP aucun ? Et encore, la saison 2014/2015 à Paris ne fait pas exception puisque la plupart de ces chanteurs n’ont pas été programmés depuis 5 ans (ou une seule fois). L’idée n’est bien sûr pas de ne programmer que des distributions avec des « noms », sans donner leur chance à des artistes plus jeunes (l’ONP ne le fait pas plus que les autres maisons), mais tout simplement de présenter des distributions d’un niveau international. A ce titre, on touche le fond à Paris avec la distribution d’Hänsel et Gretel … proposée tout de même à des tarifs allant jusque 231 euros !

La démocratisation de la culture … oubliée !

Et ce d’autant plus que les prix n’en finissent plus d’augmenter à l’Opéra de Paris. Cela se traduit cette saison de deux manières : hausse du prix de certaines catégories (optima passe de 185-195 à 210-231 euros !) ; montée de catégorie pour certaines places (1e/2e loges passent de 1ere catégorie à Optima ; 3eme loge passe de 2e à 1e catégorie, soit 115 à 190 euros … + 65 % d’augmentation). Même les places les plus médiocres, sans visibilité, sont maintenant proposées à des prix franchement indécents : par exemple, celles de Garnier passent de 10 euros à 25 euros (+ 150 %). L’institution se défendra en argumentant que la part du financement public diminue chaque année. C’est certes le cas, mais n’est-ce pas pareil ailleurs ? Et une baisse (limitée) des subventions doit-elle forcément se traduire par une détérioration si marquée de la programmation et un niveau moyen des places qui interdit tout accès à un public large ?

Hausse des prix et programmation peu alléchante en 2014-2015 à l’Opéra national de Paris
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