Festival d’Aix 2014 (3/3) : Olga Peretyatko illumine le « Turc en Italie »

Rossini – Il Turco in Italia
Festival d’Aix-en-Provence, Théâtre de l’Archevêché, 19/07/2014

Adrian Sâmpetrean & Alessandro Corbelli / © Festival d'Aix
Adrian Sâmpetrean & Alessandro Corbelli / © Festival d’Aix

Quelle fête pour Rossini depuis quelques mois ! Après Otello et Cenerentola par le tandem Spinosi/Bartoli, c’est au tour du Festival d’Aix de présenter une nouvelle production réussie du compositeur italien. On aurait aimé que ceux qui doutent encore de l’apport des instruments anciens à Rossini soient présents hier soir pour l’Ouverture de ce Turc en Italie, un véritable régal pour l’oreille, avec ces cordes virevoltantes, cette trompette bondissante, ce pianoforte « participatif » (génial Francesco Corti) ; de quoi vous mettre de bonne humeur pour une soirée entière. Les Musiciens du Louvre-Grenoble garderont ce très haut niveau tout au long de la soirée, emmenés par un Marc Minkowski dont le sourire faisait plaisir à voir.

Bonne humeur sur scène

La mise en scène (signée Christopher Alden) ne cherche pas midi à quatorze heures, elle met idéalement en valeur le comique du livret. Il faut dire que, comme tout Rossini buffo, la réussite de ce Turc doit beaucoup au formidable investissement des chanteurs, de la peste Fiorilla/Peretyatko, au vieil époux trompé Don Geronio/Corbelli, jusqu’à bien évidemment Pietro Spagnoli, dont la verve et l’italien ne font qu’une bouchée du rôle de l’écrivain. On pourrait imaginer une proposition un rien plus subtile, mais celle de ce soir a pour elle sa clarté et sa bonne humeur communicative.

Olga Peretyatko époustouflante

Olga Peretyatko © Festival d'Aix
Olga Peretyatko © Festival d’Aix

De la distribution, il faut louer pour tous une maîtrise impeccable de l’italien, une virtuosité à toute épreuve, et, quelques toutes petites fautes de goût dans certains aigus de fin d’aria tenus de façon peu jolie. Prima donna rêvée pour le rôle, Olga Peretyatko, pimpante et sexy à souhait, mène la troupe avec l’abattage que l’on attend pour le rôle. Sa colorature – dont elle est, à juste titre, fière – est extrêmement précise, son aisance sur scène un atout pour le personnage. Un tout petit bémol, le suraigu sonne ce soir une peu bas et un peu moins bien projeté (notamment dans son aria final, dont elle ajoute il est vrai des variations terrifiantes de difficulté, qu’aucune chanteuse ne fait d’habitude dans le rôle). Des broutilles face à une prestation globalement époustouflante. Lawrence Brownlee – entraîné par le metteur en scène dans des positions au ridicule un rien exagéré – incarne un brillant Narcisso, à l’aigu éclatant. Un trio de voix graves impeccable complète la distribution (Adrian Sâpetrean, Alessandro Corbelli et Pietro Spagnoli), ainsi que des rôles secondaires et un choeur (Ensemble vocal Aedes) idéalement tenus.

Festival d’Aix 2014 (3/3) : Olga Peretyatko illumine le « Turc en Italie »
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