Une distribution admirable pour Tannhäuser à l’ONP

Wagner – Tannhäuser – Paris, Opéra Bastille, 20/10/2011

Christopher Ventris

Avec une distribution comme il est trop rare d’en voir à l’Opéra de Paris, ce Tannhäuser avait tout pour être l’événement lyrique de la saison 2011/2012 de l’ONP. Aussi, au vu des prix pratiqués, aurait-il été trop demandé de présenter un chef un peuplus inspiré que Mark Elder, un chœur un peu plus en place et un orchestre un peu moins plan-plan (l’ouverture!) ?

Passons maintenant aux (nombreuses) satisfactions. La mise en scène de Robert Carsen, qui fait de Tannhäuser un peintre, fonctionne bien du début jusqu’à la fin. Très belle Bacchanale d’ouverture avec ces corps couverts de sang, mais l’inventivité du metteur en scène a tendance à s’émousser. En revanche, quelle mauvaise idée que cette arrivée d’Elizabeth par le public au début du 2e acte : la moitié du public n’y voit rien, l’air est gâché, et l’on a déjà vu ça cent fois.

Nina Stemme, Stéphane Degout & Sophie Koch

Si Christopher Ventris met un peu de temps à se chauffer (et fait craindre le pire pour la fin), c’est tout autre chose qui se passe : la voix gagne en puissance, en clarté, pour finir en apothéose au dernier acte. Le mezzo maintenant trop sopranisant de Sophie Koch ne convient pas tout à fait au rôle de Venus (quelques graves bien difficiles), mais a-t-on le droit de pinaller quand tout le reste est si admirable ? Les débuts de Nina Stemme à l’Opéra de Paris n’ont pas déçu. On sent bien que le rôle est un peu trop léger pour elle, mais quelle puissance, quel port de voix. Et surtout, que métier dans la façon de contrôler une voix faite pour Isolde et la faire sonner comme celle de Lucia Popp. Bluffant. Enfin, admirable Stéphane Degout (trop peu applaudi!), pour son premier rôle wagnérien. Voix incroyable dont on sent qu’elle pourrait chanter du baroque lors de la même soirée, tout en ayant la puissance nécessaire à l’Opéra Bastille. Un Tannhäuser superlativement chanté donc, et une soirée qui aurait pu être portée au miracle par un orchestre, un choeur et un chef du même niveau.

Photos Avant Scène Opéra.

Une distribution admirable pour Tannhäuser à l’ONP
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